Accompagnement

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Accompagnement

Dans le cadre du dispositif vous pouvez faire bénéficier votre classe d’une rencontre avec un professionnel du cinéma ou un intervenant spécialiste de l’analyse de l’image et du son. Ces interventions d’une durée de deux heures sont gratuites pour l’établissement. Elles sont limitées à une par classe et dans la limite du budget dédié.

Quelle que soit l’intervention souhaitée, enregistrez une demande par classe.
Le regroupement de plusieurs classes de faible effectif pourra être envisagé par la suite en concertation avec la coordination.
Sur le formulaire d’inscription il vous sera demandé un 2e choix afin de pouvoir établir un planning des interventions le plus cohérent possible sur l’ensemble du territoire régional en limitant les frais de déplacement et permettre ainsi de répondre à un plus grand nombre de demandes.
De même, les intervenants ayant tous d’autres activités professionnelles qui contraignent leur disponibilité ce 2e choix nous offrira plus de souplesse pour répondre à vos attentes.

JBosseLycMonge2016Julien Bossé, réalisateur, au lycée Monge-La Chauvinière à Nantes- mai 2016

Atteindre le formulaire d’inscription en bas de page

Clôture des inscriptions le samedi 5 novembre

Interventions sur les films du programme

Par Sandra Ricordeau
Programmatrice et médiatrice en cinéma depuis près de quinze ans, Sandra Ricordeau a entre autres coordonné et animé une quinzaine de festivals ou manifestations thématiques… l’occasion d’accompagner des genres hétéroclites auprès de spectateurs divers, intervenant notamment auprès de jeunes de tous âges, que ce soit en milieu scolaire ou en salle de cinéma.
Sandra a créé courant 2015 sa propre structure d’éducation à l’image et d’organisation d’événements ciné, Actions C! « C » comme cinéma, communication, culture… et curiosité !

  • Présentation intervention autour de « Certains l’aiment chaud »

Cette rencontre débutera par une discussion autour des thèmes qui se dégagent du film (ex. les différents niveaux d’ »apparences ») et la façon dont le cinéaste joue avec la censure pour les véhiculer (dès le titre)… y parvenant en insufflant un rythme sans temps mort dont nous déterminerons les clés (choix de mise en scène).
La réalisation de Wilder servira ensuite de point de départ à la découverte, à travers quelques extraits illustratifs, de plusieurs genres cinématographiques emblématiques de l’Âge d’or d’Hollywood : du burlesque à la « screwball comedy », en passant par le film de gangsters, le « musical » ou la comédie romantique, SOME LIKE IT HOT puise dans de nombreuses références !

  • Présentation intervention autour de « La Nuit du chasseur »

C’est tout d’abord en rebondissant sur les réactions des élèves que nous explorerons les thématiques qui ressortent de cette histoire (ex. représentation des adultes, religion) et le contexte historique (portrait d’une Amérique), avant d’évoquer le travail d’adaptation du roman de Davis Grubb.
Nous nous intéresserons ensuite aux particularités formelles de ce long métrage, en nous attardant notamment sur sa structure (question de la dualité, parallèles avec le conte, construction en blocs) et sur les outils de la mise en scène servant la narration (particulièrement la photographie), observation de séquences à l’appui.

Possibilité de transmettre un extrait du livre pour qu’il soit lu auparavant par les élèves.


Par Akli Merzouki
Intervenant auprès de l’ACRIRA (l’association en Rhônes-Alpes qui met en place le dispositif Lycéens et apprentis au cinéma), depuis 3 ans, autour des films Morse, Fish Tank, Barbara et César doit mourir, diplômé au grade de Master 2 en Études Cinématographiques, j’axe mes analyses autour de la dimension figurative et visuelle des films, de leur éventuelles influences et liens avec d’autres arts figuratifs (peinture, photographie), afin de dégager le travail d’une pensée visuelle, en image à l’œuvre au cinéma.
NB. : Akli Merzouki de déplace en train au départ de Nantes

  • Présentation intervention autour de « Certains l’aiment chaud »

Film de la confusion des genres, que ce soit du point de vue cinématographique, que du point de vue « biologique », Certains l’aiment chaud vient questionner la notion de travestissement, de différentes manières et à différents niveaux qui traverse le film dans son ensemble. Il s’agira donc de mettre en évidence l’importance de cette dimension et de la mettre en lien avec la part de transgression qu’elle suppose, et que ce film n’élude pas.
En effet, le ton choisi par le réalisateur Billy Wilder, ainsi que le sujet abordé, sont les signes d’une approche emprunte de liberté et d’audace en dépit du contexte de production de l’époque, marqué par l’existence du code Hays. Celui-ci impose une représentation moralement acceptable où la censure est toujours une menace. Nous tenterons de prendre en compte cette dimension subversive, tout en prenant en considération le contexte moral et esthétique propres à cette époque et donc d’éclairer les contours de cette subversion qui font de ce film un document de son époque.
La part éminemment comique du film repose sur un ensemble de choix, de décisions artistiques, d’ordre esthétiques, scénaristiques, que nous tenterons de mettre en évidence, et d’analyser en détails. Nous nous intéresserons donc à des choix de cadrages, de montages, de compositions. Car, en plus de la part belle donné aux dialogues et aux revirements du scénario, ce film n’en reste pas moins d’une grande sophistication formelle sans en faire un objet artificiel et froid.
Certains l’aiment chaud sera également l’occasion de parler de l’importance de l’aura que peut susciter et entourer la présence d’une actrice telle que Marilyn Monroe. Au delà de l’image de sex-symbol qui l’entoure ou la voile, nous nous interrogerons sur les paradoxes que ce film ne manque pas de soulever et qui interrogent l’image qu’elle n’a cessé de véhiculer, plus ou moins malgré elle, et qui en fait une actrice à part, et unique en son genre.

  • Présentation intervention autour de « Les Combattants »

Dans le cadre de la séance consacrée au film Les combattants, il s’agira de mettre en évidence les principes formels et scénaristiques qui confèrent à ce film une dimension onirique, l’amenant du côté d’une sorte de conte, du côté du récit initiatique. Se situant à la lisière du portrait d’une génération et d’une vision apocalyptique, nous questionnerons ce qui, du film, rend compte d’une approche hybride, à la croisée de plusieurs genres, mais aussi ce qui confère au récit une autre dimension en mettant en valeur ce qui en constitue le moteur.
En effet, dans la mesure où il s’appuie grandement sur l’énergie de ses personnages, cela sera également l’occasion de s’interroger sur le rôle de ceux-ci dans le développement du récit. Tant il est déterminé par la question du mouvement, du parcours, du trajet, nous analyserons également ce qui confère au film son dynamisme, et ce que ce dynamisme vient signifier au regard de ce qui anime les personnages.
Cela nous permettra de saisir ce qui constitue la trame, apparemment linéaire du film, de mettre en valeur les choix de mise en scène qui lui donnent les allures d’un parcours mental propre aux personnages.
Nous aborderons l’image afin de comprendre les choix qui ont été faits par le réalisateur Thomas Cailley, afin de mettre en valeur ce qui relève de véritables gestes de création. Nous nous pencherons autant sur ce qui nous est donné à voir, comme le paysage par exemple, mais aussi les animaux, que du côté de la façon dont ils sont représentés, c’est à dire avec quelles types de lumières, selon quels cadrages. En prenant en compte ces choix, il y a matière à analyse, à commentaires, et possibilité de comprendre comment l’image accompagne et vient alimenter de multiples manières le propos du réalisateur.

  • Présentation intervention autour de « Une Séparation »

Film exemplaire du point de vue scénaristique, de par la qualité de sa mise en scène et le déroulement de sa ligne narrative, Une séparation révèle le talent, aujourd’hui confirmé, du réalisateur iranien Ashgar Farhadi.
Dans le cadre de mon intervention je tenterai de rendre compte du travail à l’œuvre derrière le caractère fini du film, derrière la virtuosité qui se dégage du déroulement du récit que le film donne à voir. Il s’agira de chercher des signes, des indices, des traces qui permettent de mettre en évidence la singularité du travail du réalisateur iranien.
Nous tenterons d’élaborer une réflexion autour des choix de mise en scène dont le film est le résultat. Ce qui nous amènera à supposer que le réalisateur fait plus que nous montrer, de manière transparente et neutre, des situations dramatiques dans le simple but de créer de la tension chez son spectateur.
Ce dernier occupe une place de choix dans l’architecture du film. Nous analyserons la place du spectateur en s’appuyant sur l’image du détective qui se retrouve face à un ensemble d’indices, face à un montage de situations qu’il s’agit non pas uniquement de déchiffrer. En effet, il m’apparaît important de porter une attention particulière aux points de jonctions, aux leurres, et aux détails en apparence anodins qui se révèlent primordiaux.
Par ailleurs, l’autre aspect important à ne pas omettre, est la place des affects. L’enchaînement des situations dramatiques, faites de tensions, de moment de compassions, ne va pas sans produire des affects chez le spectateur. Une réflexion sur la dimension cathartique du film Une séparation permettra de rendre compte d’une mise en scène des émotions, dont on analysera les formes et les fonctions.


Interventions sur la fabrication d’un film

  • Lumière et cadre de cinéma

Par Julien Bossé : Diplômé de La Fémis – dpt. Image sous la direction de Bruno Nuytten, Julien Bossé est réalisateur, chef opérateur et cadreur. Il est aussi Formateur / Intervenant auprès de professionnels, étudiants et jeunes de quartiers.

Filmer, c’est éclairer et mettre en cadre.
L’image de cinéma se partage entre le cadre et la lumière. Deux métiers qui, selon, les cultures, les désirs, les contraintes, restent distincts mais complices, ou bien, souvent dans le cinéma français, qui sont opérés par une seule personne, le chef opérateur.
Cet atelier abordera les métiers de l’image de cinéma. Une collaboration vitale avec le réalisateur, qui apporte du sens, de la précision, des ambiguïtés, des intrigues au récit en décidant de ce que l’on filme, ou pas, de ce qu’on éclaire ou pas, et comment. Montrer ou suggérer, insister ou prendre de la distance. Chaque image fait sens. Il ne s’agit pas juste de rendre visible une histoire, mais donner du sens, de l’émotion, créer des ambiances, participer aux ressorts comiques ou dramatiques ,…

  • Le son au cinéma

Par Jean-Yves Pouyat – chef opérateur son, diplômé de l’ENS Louis Lumière.
Cette intervention est articulée en trois parties.

  • Une première partie permet de comprendre les grands principes de la fabrication d’une bande son, des problématiques de la prise de son en tournage, au montage et au mixage.
  • Il sera donné ensuite aux spectateurs-auditeurs quelques éléments de vocabulaire qui les aideront à catégoriser et hiérarchiser les sons constitutifs d’une bande-son.
  • Enfin plus en détails, nous verrons certaines fonctions des différentes grandes familles de sons, et comment ils participent et influent sur la narration et la perception globale du film.

L’objectif est d’ouvrir une fenêtre sur les coulisses de la fabrication d’une bande-son et de faire réaliser aux élèves qu’une expérience filmique est avant tout une expérience perceptive, ni uniquement visuelle, ni uniquement sonore, mais plus complexe, car c’est l’alliance des perceptions sonores et visuelle, l’audio-vision. L’idée est également de concentrer l’intervention davantage sur l’une ou l’autre de ces parties selon les envies et le travail déjà effectué en classe.

  • Le montage images et sons, un véritable temps d’écriture dans la production d’un film

Par Cécile Guillard-Jubeau – Chef monteuse et enseignante à l’université d’Angers

Le montage, quelle histoire ! Montage narratif, expressif, alterné, parallèle : en s’appuyant sur des extraits de films, nous étudierons les différents concepts qui se sont développés, opposés ou mélangés au cours de l’histoire du cinéma.

Quel sens le montage donne-t-il au film ? Les divers fragments d’un film sont agencés dans un ordre précis, selon un certain rythme afin de les mettre en valeur, de créer du sens, de l’esthétique et une histoire.

Montage des images, et des sons ? Lors du montage, on détermine la complémentarité de la bande son et des images, de la cohérence de l’espace sonore du film. L’analyse d’extraits de films suscitera un questionnement sur le traitement du son pendant le montage. NB : Le monteur travaille à partir des images et des sons que constituent les rushes et à partir du scénario ou du projet écrit par le réalisateur. Le montage est le résultat d’un dialogue, d’une confrontation qui s’effectue étape par étape entre le réalisateur et le chef monteur autour du film.

  • Atelier montage sur la table Mash-Up

Par Benoît Maximos – Chef monteur

La table de Mash-Up permet d’aborder d’une manière simple et accessible la notion de montage dans le processus narratif d’un film.
La grande facilité d’utilisation de cette table permet aux participants d’expérimenter la pratique du montage sans connaissances techniques d’un logiciel de montage ou de l’outil informatique.
A partir de rushs existants, les participants montent eux-mêmes un extrait de film. La table de Mash-Up permet de rallier la pratique et la théorie.

Déroulé d’un atelier type de 2h :
– Présentation du montage dans le processus d’un film
– Théorie autour du montage
– Présentation de la Table
– Utilisation de la table par les participants : au cours de la séance, chaque groupe finalisera un montage.
– Visionnage des films créés et analyse des différents sens.

A prévoir pour un atelier :
– Une salle assez sombre pour le vidéoprojecteur (fourni) qui pourrait accueillir une quarantaine de personnes.
– Les temps d’installation et de démontage de la Table de Mash-Up sont relativement long (environ 1h pour chacune des étapes).
– Pour que tout le monde puisse passer à la table, un groupe d’une vingtaine de personnes est à préconiser. Au-delà de cet effectif l’atelier pourra être prolongé de 30mn.

Remarque :
– Plusieurs variantes d’ateliers sont possibles : monter une séquence de film ; monter une bande annonce de film ; créer la bande sonore d’une séquence.

  • Filmer la parole : technique de l’interview dans le documentaire

Par Gérard Uginet – Réalisateur* (Guérande)

En tournage, il faut parfois faire face à des situations inattendues ou délicates. Un intervenant qui se rétracte au dernier moment, la timidité face à la présence de l’équipe technique et de la caméra… Il est donc nécessaire de trouver des « artifices » pour contourner les difficultés qui se présentent. L’inexpérience et la maladresse dans l’expression de certains acteurs ne doivent pas décourager, mais au contraire stimuler. La plus belle interview n’est-elle pas celle qui fait parler un muet ?

Lors d’une série de portraits sur des personnes handicapées au travail (La tête de l’emploi – 67 portraits réalisés à ce jour), j’ai été confronté à plusieurs salariés très impressionnés par l’entretien filmé. Souvent la personne répond en cherchant un regard « ami » qui met en confiance. Plusieurs fois, j’ai fait asseoir la personne de confiance devant moi afin de poursuivre l’échange avec des propos et confidences de grande qualité… La personne avait alors l’impression de s’adresser à son collègue et non à moi, quand bien même je continuais à poser les questions.

Éléments et supports : des extraits de deux portraits avec cette « mise en situation » et le choix des propos retenus, avec les questions posées. L’évocation du temps de préparation, souvent sans repérages, mais uniquement à travers des échanges téléphoniques, d’où la difficulté lors de l’entretien. Une mise en situation interviewer-interviewé pourrait être explorée avec des volontaires.

Intérêt de cet exemple : une des particularités du métier de réalisateur est la capacité d’adaptation. Pour autant, il ne faut jamais perdre de vue les contraintes et exigences que l’on se donne pour aboutir à un bon résultat. Jusqu’où doit-on aller lors de l’interview ? Peut-on pousser l’interlocuteur dans ses retranchements ? À partir de quel moment l’échange rentre-t-il dans la redite ? Et quelles méthodes de questionnement utiliser (ordre des questions, retours en arrière, banalisation de certains propos…) ?

  • Le plan séquence pour faire éclore du sens

Par Gérard Uginet – Réalisateur* (Guérande)

Des choix de réalisation sont parfois en opposition avec la façon de voir du producteur ou du diffuseur. Point de vue souvent très subjectif sur les choix de musique par exemple, ou plus simplement sur des options de réalisation. Faut-il provoquer les choses par le montage ou laisser les choses advenir dans le plan de tournage ? Si le plan séquence produit un effet de réel accru, c’est au prix d’un plus grand artifice : la réalisation de tels plans exige plus de préparation et de technique.

Portrait de Sylvain, chanteur, pêcheur et chasseur (documentaire de 13’)

Dans le cas du portrait de Sylvain, il fallait montrer son parcours de vie et sa jeunesse. J’avais choisi de réaliser une séquence avec sa mère sur les lieux de son enfance. Le parti pris était de faire un plan séquence mettant en situation la mère et son fils dans une ancienne papeterie désaffectée sur les bords d’une rivière. Le décor, très ouvert et coloré par des tags sur les murs de l’usine abandonnée, se prêtait à la situation. La caméra devait tourner à 360° autour d’eux, tout en synchronisant le mouvement pour que l’objectif soit face à celui qui s’exprime lors de l’échange. Au bout de quatre prises, la séquence était satisfaisante.
Lorsque le film fut présenté au producteur, il trouva le portrait riche et intéressant mais regretta néanmoins ce plan-séquence de 2′ ! Je défendis mon choix de réalisation et nous en sommes restés à la version avec le plan-séquence.

Éléments et supports : présentation commentée du plan-séquence ainsi que du découpage technique dans lequel cette séquence est mentionnée, après le repérage (évocation du temps de préparation et d’écriture). D’autres plan-séquences pourront être présentés.

Intérêt de cet exemple : Il y a une grande part de subjectivité dans le choix artistique, mais lorsque la technique est à la hauteur (professionnalisme des techniciens), le choix est défendable.

  • Le point de vue de l’auteur dans le documentaire de création

Par Gérard Uginet – Réalisateur* (Guérande)

La problématique de la construction d’un film reste un des points essentiels du métier de réalisateur. Depuis l’écriture du scénario, en passant par le tournage et ses contraintes, jusqu’à la perception du film achevé lors de sa validation par le producteur ou le diffuseur, il faut rester maître d’oeuvre.
Le montage peut-il faire dire tout et son contraire aux images ? Filmer ce n’est plus simplement faire voir, c’est diriger le regard, mettre en scène (même pour le documentaire), « faire de la direction du spectateur » dira Hitchcock.

Les marins du ciel (série documentaire de 3 x 26′)
Après deux mois au sein d’une flottille d’hélicoptères, j’ai été témoin d’un sauvetage en mer dont j’ai rapporté des images « exclusives » qui ont fait la une des journaux du soir. Lorsque je proposais une version des 3 films de 26′ montés, celle-ci donna lieu à une discussion animée avec le producteur, car j’avais décidé de débuter le 1er épisode avec la séquence du sauvetage. Le diffuseur a considéré que cela pouvait être mal interprété (évocation de l’objectivité et de la pudeur nécessaires pour tourner et monter ces séquences). Il me demanda alors de reconstruire l’ensemble.
La nouvelle version proposée consistait à démarrer sur l’activité quotidienne de la base. À l’évidence, et comme je le craignais, le film devenait très « institutionnel », c’est à dire qu’il servait la marine comme s’il s’agissait d’un film de commande. Après un nouveau visionnage, le diffuseur revenait finalement à ma première proposition.

Éléments et supports : présentation commentée de la première séquence du sauvetage et montrer ce qu’aurait pu être une autre version à partir du début du second épisode. J’ai à ma disposition le cahier complet de dérushage, le plan de montage et quelques anecdotes à rapporter…

Intérêt de cet exemple : il montre que le choix déterminé d’un réalisateur peut-être confronté aux impératifs de la chaîne ou du producteur. Pour autant, dans cet exemple, la détermination « artistique » l’a emporté sur des considérations « diplomatiques ».

*Avec un parcours professionnel assez classique, mes débuts à la télévision en 1984 m’ont d’abord dirigé vers l’assistanat de réalisation, la régie, la coordination de production, puis vers la réalisation de films documentaires. La confrontation aux contraintes de diffusion, de programmation et aux délais de fabrication, m’a permis d’enrichir mes compétences tout en m’affirmant comme réalisateur (gerarduginet.fr).
Des expériences de formation et l’initiation à la réalisation pour des chaînes de télévision étrangères (Tchad, Burundi et Algérie) ou pour une école de commerce (ESIG – Nantes) sur le film publicitaire ont complété mon parcours. Transmettre des savoirs et des savoir-faire, concevoir des outils et des supports pédagogiques, font partie de mes domaines de compétences, en lien avec mon expérience professionnelle de réalisateur.

  • Rencontre avec la réalisatrice Ananda Safo autour de son court-métrage Red Dolman

La séance commencera par la projection du film Red Dolman (France, 2014, 17 mn) et se poursuivra par un échange actif autour de la construction de ce projet avec une mise en avant de certains points essentiels :

  • Une première partie permet de comprendre les grands principes de la fabrication d’une bande son, des problématiques de la prise de son en tournage, au montage et au mixage.
  • Les différentes étapes de l’écriture.
  • Un film est au départ une vision personnelle, authentique, réalisable grâce au travail d’une équipe et à divers financements (publics et privés).
  • Il se construit en différentes étapes où se mêlent une préparation minutieuse et certains paramètres que l’on ne peut maîtriser (exemple de la scène de l’hôpital, ajoutée dans un second temps et aujourd’hui primordiale à la tenue du film.
  • En lien avec la thématique mise en avant cette année dans la programme LAC nous insisterons sur la lumière : lumière technique dans une sélection de différents plans issus du film (et parallèle avec les cinq films au programme LAC cette année) mais aussi lumière symbolique, entre ombre (vie privée) et mise en lumière (scène).

En amont de l’intervention, les enseignants pourront recevoir divers documents liés à la construction de ce film : deux versions du scénario, la scène supplémentaire de l’hôpital, les extraits de textes de casting (dont un a été gardé dans le film car c’est l’interprétation du comédien qui a donné envie de lui laisser cette place), scénettes qui ont permis de travailler la scène des backstages pour la rendre vivante sur simplement quelques secondes, découpage technique, la note d’intention du film mais aussi musicale, des pages des carnets de la réalisatrice avec schémas, une note personnelle avant le tournage, des images traçant l’univers visuel afin de guider la directrice photo, les compositions musicales et leurs tests sur les images proposées par les compositeurs, retenues ou non.
Ces supports pédagogiques riches, pourront être explorés en amont, pendant, ou après l’intervention.

  • Rencontre avec la réalisatrice Sophie Averty autour de son documentaire Cause commune

Sophie Averty est réalisatrice et chef monteuse depuis près de 20 ans, elle est aussi formatrice/intervenante dans le cadre de plusieurs dispositifs d’éducation à l’image.

Préalablement à la séance, une diffusion du film « Cause commune » sera programmée dans l’établissement. L’acquisition du film par le lycée auprès de L’ADAV avec les droits de consultation et de prêt sera prise en charge par la coordination.
Ce documentaire de 59 minutes, produit par la société lyonnaise Z’azimut Film, est le dernier des 5 films documentaires réalisés par Sophie Averty. Il retrace l’engagement collectif d’une poignée de citoyens et d’élus de la commune d’Indre pour accueillir des familles roms expulsées de Nantes en 2009 .
Une première partie de l’intervention portera sur la genèse du film : la réalisatrice était au cœur de l’histoire qu’elle a souhaité raconter après coup : lorsqu’elle a décidé de retracer ce combat, l’histoire était en effet terminée. Elle n’avait comme matière que quelques prises de sons et de rares prises de vues. Le film devait donc s’écrire avec ces manques et Sophie Averty a du imaginer des dispositifs de mise en scène permettant de faire ressurgir la parole des principaux acteurs de l’histoire qu’elle souhaitait raconter. Chaque séquence envisagée a été écrite en amont.
Dans un second temps, il s’agira de lister les dispositifs envisagés et leur mise en œuvre pendant le tournage. Une analyse précise de quelques extraits du film permettra d’expliquer les écarts entre les plans imaginés et ceux tournés.




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